La langue de ma mère (Sprakeloos)


La rondeur charmante d’un théâtre amateur dans la Flandre profonde. On y joue Le malade imaginaire de Molière. Le public endimanché semble captivé et ravi. Et puis, il y a les retrouvailles autour d’un verre. Toute la famille est venue saluer la performance de leur mère Josée dans le rôle d’Argan.

L’euphorie est de courte durée. Josée va être frappée par une attaque cérébrale qui la rend aphasique. S’exprimant désormais dans un baragouin furieux et peu intelligible, elle est en colère avec ses proches. Son fils cadet, écrivain reconnu, se rend compte à quel point sa langue était son centre de gravité. Il va se rapprocher d’elle pour tenter de conjurer la maladie, faire en sorte qu’elle retrouve la parole ou du moins des bribes.

Et par petites touches nous allons découvrir la palpitante histoire de Josée. Sans doute la femme la plus belle et la plus délurée de Saint-Nicolas, ce bourg de la province d’Anvers.

Et le film d’alterner tout en finesse séquences du passé où Josée rayonne et un présent douloureux où son fils prend conscience de la place essentielle occupée par cette mère exubérante.

Le film se décline comme un chant d’amour à toutes les mères débordantes de dévotion et d’autorité, ces mères qui occupent ce lieu irremplaçable dans le chaudron des souvenirs d’enfance. Le contraste entre les souvenirs et anecdotes du passé et les défaillances du présent est saisissant. Le spectateur colle aux basques d’un fils dont l’extrême bienveillance est autant un sursaut de lucidité qu’un geste animal pour tenter de préserver celle qui lui a donné la vie.


un film de Hilde Van Mieghem
Belgique, 2017, 1h41, version originale néerlandophone sous-titrée français

4,60€ / pas de dossier pédagogique
Réservation : 04 / 222 27 78


Prochaines séances

Parc Churchill Sauvenière


Sauvenière 30 mai 2017 à 10:00