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Classe de lutte & À bientôt j'espère


Film parlant français, N&B, projection unique, classique

Réalisateur Chris Marker & Mario Marret / Groupe Medvedkine
Durée 1 h 32
Origine France
Année 1969

Chris Marker rend compte des événements de la Rhodia pour le Nouvel Observateur, et insiste sur le démenti flagrant que cette grève inflige au mythe d’une société du capitalisme intégré désormais pacifiée. En décembre 1967, Marker revient à Besançon avec Mario Marret pour filmer les ouvriers qui racontent la grève de mars, les espoirs qu’elle a générés, et sur-tout la façon dont elle a autorisé ces ouvriers à prendre la parole et à penser ensemble. C’est ce qui donnera le documentaire À bientôt j’espère. Diffusé sur l’ORTF le 5 mars 1968, quelques semaines avant « les événements », le film aura l’honneur d’un commentaire du général de Gaulle : « Qu’est-ce que c’est que ces journalistes qui tutoient les ouvriers ? »

Le général aura bien vu – pour cette fois. On trouve en effet dans À bientôt j’espère une alliance improbable entre filmeurs et filmés, cinéastes et ouvriers, qui constitue le point de départ d’une expérience cinématographique originale, celle des groupes Medvedkine. À Besançon d’abord, à Sochaux ensuite, réalisateurs et ouvriers militants tourneront une quinzaine de films entre 1968 et 1974 aux formats et aux contenus les plus hétérogènes, mais tous soutenus par une même position : que le cinéma de la classe ouvrière soit l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

Classe de lutte sera le premier de ces films. Il porte en lui la beauté d’une expérience d’émancipation collective qui constitue à la fois le sujet du film – la construction d’un syndicat dans l’après 68 par Suzanne Vedet, une ouvrière de l’usine d’horlogerie Yema – et la forme même selon laquelle le film a été fabriqué. Il permet aussi de mesurer les effets du mouvement de Mai dans le monde ouvrier : la métamorphose d’une femme, presque silencieuse dans de longues séquences d’À bientôt j’espère, et qu’on retrouve au printemps 68, perchée sur un muret pour inviter des hommes hésitants à poursuivre la grève.


Antoine Janvier, ULiège


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