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Le fils


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Film parlant français

Réalisateur Jean-Pierre & Luc Dardenne
Acteurs Olivier Gourmet, Morgan Marinne
Durée 1 h 43
Origine Belgique
Année 2001
Distributeur Cinéart
Récompense Prix d'interprétation masculine pour Olivier Gourmet au festival de Cannes en 2002

Comme Rosetta, Le fils commence sans prolégomènes, très physiquement, aux basques de son personnage principal. Quel est le problème d’Olivier. Pourquoi est-il comme un lion en cage ? Pourquoi épie-t-il cet apprenti qui va travailler sous sa coupe dans l’atelier de menuiserie. Dès les premières images, le spectateur est captif, sous tension. Mais d’aucuns de questionner la position systématique de la caméra des Dardenne, à l’épaule, derrière Olivier Gourmet.

Procédé gratuit ? Effet de signature ? L’idée peut traverser l’esprit, mais ces soupçons sont pulvérisés par la densité existentielle et affective de ce qui se joue à l’écran. La caméra à l’épaule permet d’incarner l’agitation mentale du personnage, la tempête sous son crâne. Filmer derrière Olivier place le spectateur de son côté mais le garde d’une identification totale.

C’est la position du spectateur la plus juste, la plus éthique, celle qui le laisse libre de son jugement. Car sans déflorer l’intérêt essentiel du film, on peut « révéler » (ce que les Dardenne font au premier tiers du film) que le jeune apprenti vient de sortir de la prison où il a été envoyé pour le meurtre du fils d’Olivier. Celui-ci enseigne donc au jeune homme le métier de menuisier. « Je ne sais pas pourquoi je fais ça », s’écrie-t-il. Le spectateur non plus. C’est là la beauté du film, l’entière liberté de celui qui le regarde. Le suspense devient physique et métaphysique. Olivier veut-il se venger ? Pardonner ? Comprendre ?

Ce qui est sûr, c’est que les Dardenne sont bien au-delà de l’image caricaturale qu’on se fait d’eux et du cinéma social. Certes, leurs films sont situés dans la « Belgique d’en bas », mais ils ne séparent jamais le monde entre bons pauvres et méchants riches. Les enjeux de leurs films relèvent plutôt de la tragédie grecque : un garçon doit-il préférer son père ou la justice la plus élémentaire ? (La promesse). Une sous-prolétaire doit-elle, pour survivre, « tuer » la seule personne qui lui tend la main ? (Rosetta). Enfin, un père va-t-il se venger, pardonner ou accepter l’état des choses quant au meurtre de son fils ? (Le fils).

D’après Serge Kaganski, Les Inrocks

 


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