le Lun. 29 Juin 2026 à 20h00
En hiver 2021, une assemblée de personnes se réunit à Notre Dame-Des-Landes et crée les soulèvements de la Terre. Avec ce documentaire, Thomas Lacoste nous livre un bout de cette lutte, illustrée par des images d’archives et des interviews, et par cette démarche, participe à la mémoire d’un moment historique en France.
Le film s’ouvre sur la parole d’une jeune femme qui s’exprime sur sa reconversion professionnelle. Après des études en biochimie, elle s’intéresse à une agriculture paysanne, passionnée des gestes et des savoir-faire de ce métier. Elle est émue jusqu’aux larmes et commente “ quand je suis fatiguée et que je parle de la fin du monde agricole, je chiale.” Comme beaucoup d’autres personnes dont nous entendrons le témoignage dans ce film, elle prend part aux soulèvements de la terre, mouvement qui a pour objectif de défendre les communs contre l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres et de l’eau par désarmements, blocages et occupations. Ce mouvement ne propose pas une alternative à l’agro-industrie, il la refuse en bloque et l’empêche de se proliférer pour défendre un tout autre projet de société ! On entendra ainsi des zadistes, des jeunes engagés pour le climat et des paysans commenté cette mobilisation. Et si le film présente l’énorme répression qu’a subi le mouvement (avec l’annonce de la dissolution de celui-ci en 2023 par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, qui aura comme conséquence d’amplifier sa force et son ampleur), il montre aussi sa diversité, l’art du savoir-faire des gens qui le constituent, le sens de vivre dans des lieux que l’on défend et la créativité impressionnante qui le porte.
Thomas Lacoste nous propose un regard politique sur ce mouvement, mais également un film sensoriel et extrêmement touchant par les images des mobilisations et par la force et l’émotion des protagonistes subjugués par les chants d’oiseaux, émus par l’existence d’un glacier, passionnés par la vue d’une colline. Et c’est de la préservation et de l’importance de cette connexion là que parle ce mouvement et que le réalisateur a su nous transmettre. L’amour des territoires et la force de les défendre !
LUDIVINE FANIEL, Les Grignoux