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Actualités

Vente en ligne temporairement indisponible : les Grignoux préparent leur avenir numérique

Publié le : 30-06-2026

Dans le cadre d’une importante transition informatique en interne, les Grignoux vont devoir suspendre temporairement, dès ce 1er juillet, la vente de tickets en ligne.

Cette interruption, qui devrait durer environ six mois, est une étape nécessaire à la mise en place d’un tout nouvel environnement de billetterie et de gestion. Notre objectif : vous proposer à l’avenir une expérience plus simple, plus fluide et plus efficace, tant pour l’achat de places que pour l’ensemble des services liés à votre visite. Durant cette période, l’accès à nos séances reste bien entendu garanti. Les tickets continueront à être disponibles directement aux caisses de nos cinémas, aux horaires habituels d’ouverture.

Nous sommes conscients que la vente en ligne est devenue un outil important pour une partie de notre public et nous vous remercions d’avance pour votre compréhension pendant cette phase de transition. Ces quelques mois d’adaptation nous permettront de déployer une solution entièrement renouvelée, plus complète et plus performante. Nous nous réjouissons déjà de vous faire découvrir cette nouvelle plateforme et ne manquerons pas de vous tenir informés de son évolution au cours des prochains mois.

Merci pour votre confiance et à très bientôt dans nos salles.

L’équipe des Grignoux

 

 

Journal des Grignoux n°328

Publié le : 23-06-2026

Éditorial

Chaque année, le Festival de Cannes donne le pouls du cinéma mondial. On y découvre les films qui feront parler d’eux dans les mois à venir, mais on y entend aussi les préoccupations qui traversent le monde culturel. Cette année, plusieurs artistes ont ainsi exprimé leur inquiétude face à la concentration croissante des médias et de la production culturelle, notamment à travers la tribune « Zapper Bolloré ». Celle-ci fait suite à l’annonce du projet du milliardaire d’extrême droite de racheter le réseau des salles UGC, alors même que son groupe occupe déjà une place centrale dans le financement, la production et la diffusion du cinéma1

Pour les signataires, cette concentration toujours plus importante du pouvoir économique et médiatique soulève une question essentielle : comment préserver la pluralité des récits dans un paysage culturel et médiatique toujours plus concentré ? Comment garantir que les œuvres continuent de refléter la diversité des sensibilités, des expériences et des points de vue qui composent une société, plutôt que de voir s’imposer progressivement une vision du monde unique, au service des idéologies de ces hommes de pouvoir ? 

Cette interpellation s’inscrit dans un contexte culturel déjà très sensible, où depuis plusieurs années, partout en Europe, le monde de la culture se retrouve au cœur d’offensives politiques et idéologiques qui remettent en question sa légitimité même. Subventions jugées excessives, institutions accusées d’être déconnectées du réel, d’être trop politiques, artistes sommés de prouver leur utilité : la création est de plus en plus souvent ramenée à une simple question de rentabilité. 

Dans un récent livre d’entretiens menés par Frank Barat et Ken Loach2, Défier le récit des puissants, ce dernier rappelait que l’art n’a pas pour fonction de confirmer les évidences mais d’ouvrir des brèches dans les récits dominants. La culture n’existe pas pour confirmer ce que nous savons déjà, vénérer un sentiment national ou patriotique, ou même sacraliser un modèle familial. Elle est là pour nous exposer à ce que nous ne rencontrerions jamais spontanément. À des réalités éloignées des nôtres, à des formes nouvelles, à des récits qui déplacent notre regard ou viennent bousculer nos certitudes. C’est sans doute ce qui continue à guider notre travail de programmation. Cet été encore, nous vous invitons à emprunter des chemins de traverse. À explorer les grandes questions écologiques et sociales qui agitent notre époque à travers les documentaires Soulèvements, Our Land ou Rural, à découvrir des regards forts et essentiels sur la Palestine avec deux documentaires inédits en Belgique, Alice au pays des colons et L’Affaire Abdallah, ou encore à parcourir l’histoire du cinéma aux côtés de Jacques Tati et Ingmar Bergman. Cette même curiosité irrigue également les nouveautés de la saison, des films remarqués à Cannes (Jim Queen, In Waves, Teenage Sex and Death at Camp Miasma, L’Inconnue) aux coups de cœur plus confidentiels (La Chaleur, Tre Ciotole, L’Âge mûr) ; du spectaculaire L’Odyssée de Christopher Nolan à la science-fiction mélancolique de David Robert Mitchell (La Fin d'Oak Street). Sans oublier les concerts, les séances en plein air et les nombreuses autres occasions de faire du cinéma une expérience partagée. Autant d’invitations à découvrir des œuvres, des idées et des sensibilités que vous n’aurez peut-être jamais rencontrées autrement. Les pages qui suivent condensent tout ce que nous vous avons concocté pour l’été. Bonne lecture et bel été ! 

Les Grignoux

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Feuilletez notre journal en ligne ici

1 Voir, à ce sujet, notre dernière analyse en éducation permanente : Percée de l'extrême-droite dans le cinéma rédigée par Sarah Walin. 
2 Ken LOACH et Frank BARAT, Défier le récit des puissants, préface de Swann Arlaud, Paris, Rue de l'Échiquier, 2026.

PERCÉE DE L'EXTRÊME-DROITE DANS LE CINÉMA

Publié le : 10-06-2026

Découvrez notre dernière analyse en éducation permanentes :

Zapper Bolloré, réguler, sauver le cinéma indépendant : à découvrir par ici

Mega fusion entre les studios Warner et Paramount aux Etats-Unis, rachat d’UGC par Bolloré en France. Le monde du cinéma proteste, dénonçant une mainmise des milliardaires à l’idéologie d’extrême-droite sur la culture. Ces rachats font peser des menaces, qu’elles soient d’ordre idéologiques ou économiques sur le cinéma. En Belgique, le cinéma français représente environ 10% des entrées tandis que le cinéma américain plafonne à environ 80%. Notre petit pays est donc aussi concerné par ces évènements. Alors de quoi s’agit-il, pourquoi et comment zapper Bolloré et les autres ? Nous reviendrons sur ces questions dans cette analyse

Nos analyses sont disponibles gratuitement en ligne ou à tout petits prix aux caisses de nos cinémas : pour les retrouver en ligne, cliquez ici !

Nouvelle analyse en Éducation permanente

Publié le : 13-05-2026

Découvrez notre dernière analyse en Éducation permanente :

  • Métisses. Cinq femmes contre un crime d'État
    de Jean-Charles Mbotti Malolo & Quentin Noirfalisse


Rétablir la mémoire, cultiver la justice
 : à découvrir par ici

Années 50, le Congo est sous domination coloniale Belge. L’État Belge traque les enfants métis nés d’un père colon et d’une mère noire. Léa Tavares Mujinga, Monique Bitumasse Bingi, Noëlle Verbeeken, Simone Ngalula et Marie-Josée Loshi sont enlevées à leur famille pour être emmenées dans des orphelinats où elles sont élevées par des religieuses. 80 ans plus tard, ces cinq femmes attaquent l’Etat en justice pour ce qui leur est arrivé. Ce dernier est condamné pour crime contre l’humanité. En suivant cette histoire, le documentaire Métisses : cinq femmes contre un crime d’État, questionne notre histoire commune : celle de la colonisation Belge et de ses crimes. Car la victoire de ces femmes ne représente qu’un embryon de justice par rapport à ce que la Belgique a commis au Congo. Alors pourquoi a t-il fallu attendre si longtemps pour arriver à cette amorce ? Qu’est-ce que cela dit de notre rapport à notre passé colonial ? Après la vision de ce documentaire, nous ressortons en tout cas avec la conviction que ce passé n’est pas si révolu.

Nos analyses sont disponibles gratuitement en ligne ou à tout petits prix aux caisses de nos cinémas : pour les retrouver en ligne, cliquez ici !

Deux nouvelles analyses en Éducation permanente

Publié le : 06-05-2026

Découvrez nos dernières analyses en éducation permanentes :

  • No Other Choice de Park Chan-wook 

Intégrer l'injonction, s'amputer de ses racinesà découvrir par ici

Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook ("Old Boy", "Mademoiselle", "Decision to Leave"), adepte d’un cinéma de genre social et formaliste décomplexé, revient avec un thriller sur la folle entreprise de vengeance d’un cadre devenu chômeur, dans un registre satirique et transgressif particulièrement réjouissant 

 

  • Jumpers de Daniel Chong

Zigouillons le roi des humains capitalistes : à découvrir par ici

Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite...

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Dilliès, réponds !

Publié le : 30-04-2026

Vous ne le savez peut-être pas, mais nous, les Grignoux, sommes aussi présents à Bruxelles à travers notre programme scolaire Ecran large sur tableau noir et notre programme associatif VivrEnsemble au cinéma.

Nos activités bruxelloises sont, entre autres, soutenues par Safe.Brussels pour les actions de sensibilisation et de prévention aux phénomènes de polarisation et de radicalisation que nous menons auprès de ces publics.

Aujourd'hui, ce financement est en péril, mettant en danger le bon fonctionnement de nos activités mais aussi d'une trentaine d'associations offrant aux bruxellois.es des services essentiels.

Alors que le gouvernement bruxellois est aujourd'hui en fonction, nous sommes dans l'incertitude par rapport à la continuité de nos financements. Le ministre-président, Boris Dilliès, en charge de Safe.Brussels, reste sourd à nos multiples interpellations. 

#dilliesreponds

10 ans Caméo - appel à témoignage

Publié le : 23-04-2026

 Appel à nos spectateur.rices dans le cadre de notre anniversaire !

Pour célébrer nos 10 ans de réouverture à l’automne prochain, nous faisons appel à vos témoignages : racontez-nous vos meilleurs souvenirs, anecdotes, coups de cœur vécus dans nos lieux !
 

À partir du 27 avril, nous réaliserons de courtes interviews avec vous.

 

Inscription via le formulaire: https://app.evalandgo.com/f/425930/4qacibyZbKHi3fqESvhwSS

Disparition de Delphine Noels

Publié le : 14-04-2026

Nous avons appris avec tristesse le décès de la réalisatrice belge Delphine Noels.

Elle avait réalisé en 2014 Post Partum, produit par Frakas Productions, avec l’actrice Mélanie Doutey — l’un des premiers films à aborder cette thématique encore taboue à l’époque.

Nous nous souvenons aussi des cours de jeu face caméra qu’elle encadrait au Conservatoire de Liège, et dont elle accompagnait les projections aux Grignoux. Elle tenait profondément à ce que ces exercices d’école puissent rencontrer le regard du public, dans les conditions du grand écran.

C’était une réalisatrice passionnée, une personne engagée et généreuse.

Nous pensons particulièrement à ses proches.

Au revoir Delphine.

Jumpers : zigouillons le roi des capitalistes !  

Publié le : 08-04-2026

Jumpers met en scène une jeune femme, Mabel, qui se bat pour conserver un espace de biodiversité sur lequel le maire de sa ville, Jerry, veut construire une rocade d’autoroute. Le film prend comme situation initiale un véritable enjeu de société, à l’image des luttes contre les grands projets inutiles et imposés qu’on voit fleurir un peu partout, de la ZAD de la Chartreuse ici à Liège à l’occupation du chantier de l’A69 dans le sud de la France. Alors qu’il semble dresser des constats intéressants, Jumpers finit par sauter à une conclusion plus que décevante.

Cette analyse décortique le propos du film, pour dresser une conclusion alternative : il faut bel et bien zigouiller le roi des humains ! 

Lisez notre analyse ICI

Journal des Grignoux n° 326

Publié le : 03-04-2026

Éditorial

Dans une petite cabane isolée au milieu des bois vosgiens, ce sont trois générations d’une même famille qui, à la lueur de bougies, échangent passionnément et en pleine nuit sur ce lien magique qu’elles entretiennent à la nature et aux êtres sauvages. Une séquence à comprendre comme un moment suspendu qui en appelle aux aspects les plus élémentaires et précieux de notre existence. Elle est extraite du Chant des forêts, ce formidable film de Vincent Munier, l’un des trois protagonistes de la séquence aux côtés de son père et de son fils.

Porté par une rigueur formelle de tous les instants, ce film connaît depuis sa sortie en février un incroyable plébiscite de la part du public. À l’heure où nous écrivons ces lignes (mi-mars), il a rassemblé près de 90 000 spectateurs en Belgique dont plus de 13 000 rien que dans les cinémas des Grignoux !

Que nous raconte finalement ce succès si réjouissant ? Certainement, d’une part, notre besoin de reconnexion à la nature et au sauvage dans une époque violente et tragique. D’autre part, celui de retrouver cette capacité à l’émerveillement, au plaisir du regard et de l’écoute par le biais du langage cinématographique et — c’est important — du grand écran de la salle de cinéma. On rajoutera un élément essentiel : cette transmission, d’un savoir, d’une passion et d’une vision positive du monde, qui prend tout son sens au cœur du noyau intime, familial.

Fin avril, nous franchirons le seuil d’une autre cabane pour faire connaissance avec des membres d’une famille, cette fois dans le Grand Nord américain. Dans Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay, une fiction tirée du best-seller de David Vann, un père et son fils tentent de se reconnecter l’un à l’autre, en se coupant volontairement de la société dite moderne. Ils vont être confrontés à une expérience de vie extrême, dans un rapport tendu avec l’environnement dont les variations météorologiques intenses impacteront leur mental, avec le risque de les faire basculer définitivement dans une direction non désirée à l’origine.

Deux autres films, événementiels, abordent eux aussi de manière intimiste des thématiques existentielles, en mettant en lumière des relations familiales dans leur rapport au monde. Des relations qui seront impactées par quelque chose de plus grand qu’elles, ici non par la nature, mais par la marche de l’histoire quand elle s’en prend à l’idéal démocratique. Dans tous les cas, on parlera soit de résistance, soit de renoncement avec une question générique en guise de ligne de démarcation : jusqu’où peut-on demeurer fidèle à ses idéaux ?

Dans Les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli situe son action durant la Seconde Guerre mondiale et évoque, dans une fresque de grande ampleur, le basculement, fatal, pour un père et sa fille vers le nazisme alors que rien ne semblait les y prédisposer au départ. Par naïveté, par aveuglement, par opportunisme, par égo... Le film montre sans néanmoins pardonner, mais avec la nuance nécessaire, à quel point rejoindre le mauvais côté de l’histoire ne tient parfois qu’à un fil.

Dans Yellow Letters d’Ilker Çatak, une fiction lauréate de l’Ours d’Or à Berlin, un professeur et son épouse comédienne sont condamnés par le gouvernement turc pour leurs idées progressistes. Ils connaissent une précarité nouvelle avec le risque, tangible, de briser l’union de leur couple et de leur famille. Ils feront tout pour ne pas tomber dans ce piège que leur tendent des autorités conscientes de la nécessité de consolider leur pouvoir par la censure, en faisant taire tout discours dissonant, toute révolte, toute manière de penser par soi-même.

Berceau de la démocratie, de la socialisation, du vivre-ensemble, la famille est cet espace intime où tout se construit, où tout se joue pour l’avenir, aux contacts des autres et de la nature. Remettre au cœur de nos sociétés en ébullition les valeurs progressistes auxquelles nous croyons implique d’entretenir les notions de résistance et d’écoute. Cela signifie aussi prendre le temps de la contemplation, de la poésie et de la transmission. Il en va du futur des nouvelles générations et, par corollaire, de la préservation de nos démocraties, de nos cellules intimes comme de cette nature, majestueuse et mystérieuse, qui a tant à nous apprendre sur nous-mêmes.

Les Grignoux

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