Caméo
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Rétablir la mémoire, cultiver la justice : à découvrir par ici
Années 50, le Congo est sous domination coloniale Belge. L’État Belge traque les enfants métis nés d’un père colon et d’une mère noire. Léa Tavares Mujinga, Monique Bitumasse Bingi, Noëlle Verbeeken, Simone Ngalula et Marie-Josée Loshi sont enlevées à leur famille pour être emmenées dans des orphelinats où elles sont élevées par des religieuses. 80 ans plus tard, ces cinq femmes attaquent l’Etat en justice pour ce qui leur est arrivé. Ce dernier est condamné pour crime contre l’humanité. En suivant cette histoire, le documentaire Métisses : cinq femmes contre un crime d’État, questionne notre histoire commune : celle de la colonisation Belge et de ses crimes. Car la victoire de ces femmes ne représente qu’un embryon de justice par rapport à ce que la Belgique a commis au Congo. Alors pourquoi a t-il fallu attendre si longtemps pour arriver à cette amorce ? Qu’est-ce que cela dit de notre rapport à notre passé colonial ? Après la vision de ce documentaire, nous ressortons en tout cas avec la conviction que ce passé n’est pas si révolu.
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Découvrez nos dernières analyses en éducation permanentes :
Intégrer l'injonction, s'amputer de ses racines : à découvrir par ici
Le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook ("Old Boy", "Mademoiselle", "Decision to Leave"), adepte d’un cinéma de genre social et formaliste décomplexé, revient avec un thriller sur la folle entreprise de vengeance d’un cadre devenu chômeur, dans un registre satirique et transgressif particulièrement réjouissant
Zigouillons le roi des humains capitalistes : à découvrir par ici
Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite...
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Vous ne le savez peut-être pas, mais nous, les Grignoux, sommes aussi présents à Bruxelles à travers notre programme scolaire Ecran large sur tableau noir et notre programme associatif VivrEnsemble au cinéma.
Nos activités bruxelloises sont, entre autres, soutenues par Safe.Brussels pour les actions de sensibilisation et de prévention aux phénomènes de polarisation et de radicalisation que nous menons auprès de ces publics.
Aujourd'hui, ce financement est en péril, mettant en danger le bon fonctionnement de nos activités mais aussi d'une trentaine d'associations offrant aux bruxellois.es des services essentiels.
Alors que le gouvernement bruxellois est aujourd'hui en fonction, nous sommes dans l'incertitude par rapport à la continuité de nos financements. Le ministre-président, Boris Dilliès, en charge de Safe.Brussels, reste sourd à nos multiples interpellations.
#dilliesreponds





Appel à nos spectateur.rices dans le cadre de notre anniversaire !
Pour célébrer nos 10 ans de réouverture à l’automne prochain, nous faisons appel à vos témoignages : racontez-nous vos meilleurs souvenirs, anecdotes, coups de cœur vécus dans nos lieux !
À partir du 27 avril, nous réaliserons de courtes interviews avec vous.
Inscription via le formulaire: https://app.evalandgo.com/f/425930/4qacibyZbKHi3fqESvhwSS
Nous avons appris avec tristesse le décès de la réalisatrice belge Delphine Noels.
Elle avait réalisé en 2014 Post Partum, produit par Frakas Productions, avec l’actrice Mélanie Doutey — l’un des premiers films à aborder cette thématique encore taboue à l’époque.
Nous nous souvenons aussi des cours de jeu face caméra qu’elle encadrait au Conservatoire de Liège, et dont elle accompagnait les projections aux Grignoux. Elle tenait profondément à ce que ces exercices d’école puissent rencontrer le regard du public, dans les conditions du grand écran.
C’était une réalisatrice passionnée, une personne engagée et généreuse.
Nous pensons particulièrement à ses proches.
Au revoir Delphine.
Jumpers met en scène une jeune femme, Mabel, qui se bat pour conserver un espace de biodiversité sur lequel le maire de sa ville, Jerry, veut construire une rocade d’autoroute. Le film prend comme situation initiale un véritable enjeu de société, à l’image des luttes contre les grands projets inutiles et imposés qu’on voit fleurir un peu partout, de la ZAD de la Chartreuse ici à Liège à l’occupation du chantier de l’A69 dans le sud de la France. Alors qu’il semble dresser des constats intéressants, Jumpers finit par sauter à une conclusion plus que décevante.
Cette analyse décortique le propos du film, pour dresser une conclusion alternative : il faut bel et bien zigouiller le roi des humains !
Lisez notre analyse ICI
Éditorial
Dans une petite cabane isolée au milieu des bois vosgiens, ce sont trois générations d’une même famille qui, à la lueur de bougies, échangent passionnément et en pleine nuit sur ce lien magique qu’elles entretiennent à la nature et aux êtres sauvages. Une séquence à comprendre comme un moment suspendu qui en appelle aux aspects les plus élémentaires et précieux de notre existence. Elle est extraite du Chant des forêts, ce formidable film de Vincent Munier, l’un des trois protagonistes de la séquence aux côtés de son père et de son fils.
Porté par une rigueur formelle de tous les instants, ce film connaît depuis sa sortie en février un incroyable plébiscite de la part du public. À l’heure où nous écrivons ces lignes (mi-mars), il a rassemblé près de 90 000 spectateurs en Belgique dont plus de 13 000 rien que dans les cinémas des Grignoux !
Que nous raconte finalement ce succès si réjouissant ? Certainement, d’une part, notre besoin de reconnexion à la nature et au sauvage dans une époque violente et tragique. D’autre part, celui de retrouver cette capacité à l’émerveillement, au plaisir du regard et de l’écoute par le biais du langage cinématographique et — c’est important — du grand écran de la salle de cinéma. On rajoutera un élément essentiel : cette transmission, d’un savoir, d’une passion et d’une vision positive du monde, qui prend tout son sens au cœur du noyau intime, familial.
Fin avril, nous franchirons le seuil d’une autre cabane pour faire connaissance avec des membres d’une famille, cette fois dans le Grand Nord américain. Dans Sukkwan Island de Vladimir de Fontenay, une fiction tirée du best-seller de David Vann, un père et son fils tentent de se reconnecter l’un à l’autre, en se coupant volontairement de la société dite moderne. Ils vont être confrontés à une expérience de vie extrême, dans un rapport tendu avec l’environnement dont les variations météorologiques intenses impacteront leur mental, avec le risque de les faire basculer définitivement dans une direction non désirée à l’origine.
Deux autres films, événementiels, abordent eux aussi de manière intimiste des thématiques existentielles, en mettant en lumière des relations familiales dans leur rapport au monde. Des relations qui seront impactées par quelque chose de plus grand qu’elles, ici non par la nature, mais par la marche de l’histoire quand elle s’en prend à l’idéal démocratique. Dans tous les cas, on parlera soit de résistance, soit de renoncement avec une question générique en guise de ligne de démarcation : jusqu’où peut-on demeurer fidèle à ses idéaux ?
Dans Les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli situe son action durant la Seconde Guerre mondiale et évoque, dans une fresque de grande ampleur, le basculement, fatal, pour un père et sa fille vers le nazisme alors que rien ne semblait les y prédisposer au départ. Par naïveté, par aveuglement, par opportunisme, par égo... Le film montre sans néanmoins pardonner, mais avec la nuance nécessaire, à quel point rejoindre le mauvais côté de l’histoire ne tient parfois qu’à un fil.
Dans Yellow Letters d’Ilker Çatak, une fiction lauréate de l’Ours d’Or à Berlin, un professeur et son épouse comédienne sont condamnés par le gouvernement turc pour leurs idées progressistes. Ils connaissent une précarité nouvelle avec le risque, tangible, de briser l’union de leur couple et de leur famille. Ils feront tout pour ne pas tomber dans ce piège que leur tendent des autorités conscientes de la nécessité de consolider leur pouvoir par la censure, en faisant taire tout discours dissonant, toute révolte, toute manière de penser par soi-même.
Berceau de la démocratie, de la socialisation, du vivre-ensemble, la famille est cet espace intime où tout se construit, où tout se joue pour l’avenir, aux contacts des autres et de la nature. Remettre au cœur de nos sociétés en ébullition les valeurs progressistes auxquelles nous croyons implique d’entretenir les notions de résistance et d’écoute. Cela signifie aussi prendre le temps de la contemplation, de la poésie et de la transmission. Il en va du futur des nouvelles générations et, par corollaire, de la préservation de nos démocraties, de nos cellules intimes comme de cette nature, majestueuse et mystérieuse, qui a tant à nous apprendre sur nous-mêmes.
Les Grignoux
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Dans la foulée de la sortie du film Gourou, les Grignoux ont rencontré Manon Mottard, autrice de l'enquête-podcast « Le piège : les coulisses du développement personnel», diffusé par la RTBF.
A travers cette analyse, nous revenons sur quelques-uns des éléments essentiels de cette enquête et interrogeons par ailleurs le succès de ce genre de séminaires et du développement personnel dans nos sociétés.
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Découvrez notre analyse qui se propose d’articuler l’histoire vraie du meurtre de Mawda avec son traitement à l’écran.
Comment cette fiction restitue-t-elle une histoire qui a déjà été largement fictionnalisée dans la réalité? Quels éléments réels parvient-elle à intégrer qui puisse permettre de comprendre en partie les implications de ce drame ? La réalisatrice déclare que son film s’inscrit dans un contexte de politiques de plus en plus dures à l’égard des personnes migrantes. Cette analyse reviendra sur les points importants de ces politiques que le film permet d’appréhender.
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L’année 2025 s’ouvre sur un constat lucide : le secteur du cinéma d’art et d’essai, en Wallonie comme ailleurs, traverse une période de turbulences. Les Grignoux n’ont pas été épargnés. Hausse généralisée des coûts, réduction de certaines subventions publiques (et pas des moindres pour notre asbl !), crise de fréquentation des salles (473000 entrées, soit -13% par rapport à 2024), impacts des grands chantiers urbains…
Mission sociale et politique des Grignoux
Les Grignoux rappellent que leur projet est culturel ET politique, au sens noble du terme : défendre la démocratie, la citoyenneté active, l’analyse critique de la société et la solidarité. Cette conscience politique irrigue la programmation, les débats en salle, les prises de position publiques et la gouvernance.
Nous dénonçons les attaques subies cette année par les Grignoux et par d'autres acteurs culturels et de l'éducation permanente, qui assimilent expression politique ou critique à des éléments partisans. Cela revient à punir l’esprit critique et à réduire la liberté d’expression. Cette dérive est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans un contexte de montées des populismes et des extrêmes en Europe et en Belgique francophone.
Vitalité culturelle et programmation
Malgré les difficultés, les Grignoux témoignent de la vitalité du cinéma indépendant, de la diversité de la programmation et de la volonté de faire du cinéma un outil de réflexion et de résistance. Les films programmés en 2025 ont permis de porter des voix fragilisées, de questionner les institutions et de rappeler l’urgence de répondre à la détresse humaine.
TOP 10 des films les plus vus dans les salles des Grignoux en 2025 :
1. L'Acier a coulé dans nos veines
2. Flow, le chat qui n'avait plus peur de l'eau
3. En fanfare
4. Une bataille après l'autre
5. Zootopia 2 (toujours en salles)
6. The Brutalist
7. La femme la plus riche du monde
8. Valeur sentimentale
9. The Room Next Door
10. Jeunes Mères
Les sources de satisfaction
- Ce sont 2 films distribués par l'équipe du Parc Distribution qui arrivent en pointe, dont le documentaire L'Acier a coulé dans nos veines réalisé par Christine Pireaux et Thierry Michel. Une preuve de plus, si besoin, que des films "locaux et engagés" rencontrent toujours le public des Grignoux.
- La programmation 2026 s'annonce plus dense et aussi plus riche qu'en 2025 : nous attendons notamment la sortie de Marty Supreme (avec Timothée Chalamet, récompensé aux Golden Globes), L'Odyssée de Christopher Nolan en été, Dune 3 de Denis Villeneuve en fin d'année...
- Le renforcement de films classiques séduit de plus en plus de jeunes (y compris avec animation musicale en live (Laurel et Hardy le 25 janvier au cinéma le Parc !) Le Churchill est d’ailleurs notre cinéma liégeois qui s’en sort le mieux en termes de fréquentation (-5%).
- La diffusion de films "à grand spectacle" séduit toujours les plus curieux : Avatar (en ce moment dans nos salles avec des conditions techniques de pointe) ou bientôt le très attendu Le Chant des forêts de Vincent Munier (réalisateur de La Panthère des neiges)
- Nos séances en matinées scolaires via le programme Écran Large sur Tableau Noir attirent toujours autant de jeunes spectateur·rices dans nos salles obscures (52.236) : notre mission d’éducation à l’image continue d’accompagner les générations futures !
Perspectives et ambitions
L’avenir s’annonce incertain et les questions sont nombreuses : les coupes budgétaires et les mesures annoncées inquiètent, tant pour les Grignoux que pour l’ensemble du secteur culturel. Quel est le projet de société qui sous-tend ces décisions ?
Dans cet environnement complexe, où les conditions économiques et politiques fragilisent, les Grignoux continuent cependant à proposer une offre culturelle différente, qui privilégie l’émotion, la rencontre, l’expérience partagée afin de donner des clés de compréhension du monde et ouvrir les horizons.
Chaque année, ce sont en effet plus de 500 films différents et 12.000 séances qui animent les salles liégeoises et namuroises, sans oublier les nombreux événements qui font vivre le cinéma belge et européen. Une programmation à la fois de niche et grand public, qui conjugue qualité et diversité.
Alors, vivons 2026 ensemble, au cinéma !