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Bande-annonce
affiche du film Foxtrot

Prochaines séances

  • 2018-05-29 15:45

Foxtrot

  • Choisissez une séance
    • Mar. 29 Mai 2018 15:45
  • Réalisé par
    Samuel Maoz
  • Interprété par
    Lior Ashkenazi, Sarah Adler, Yonaton Shiray
  • Distributeur
    September Film
  • Langue
    allemand / hébreu / arabe
  • Pays d'origine
    France / Israël / Allemagne
  • Année
    2017
  • Durée
    1h53
  • Version
    2
  • Date de sortie
    2018-04-25
  • Récompenses

    Prix du jury au festival de Venise 2017

Après Lebanon, voici le second film antimilitariste de Samuel Maoz. Un récit qui embrasse plusieurs trajectoires, plusieurs tonalités, où se mêlent brillamment poésie burlesque et réalisme glacé.

Le premier plan du film nous transporte sur une route chaotique au milieu d’un désert. Cette vision est rapidement interrompue par le bruit d’un coup de sonnette. Une dame ouvre la porte : face à elle, trois militaires. Elle comprend instantanément la raison de leur visite et s’évanouit. Sans perdre leur sang-froid, l’un des soldats sort une seringue de sa poche et lui injecte un analgésique. Le père est là, il a assisté à toute la scène et sait ce qu’on va lui annoncer : « Monsieur Feldman, votre fils a été tué ».

Nous sommes dans un bel appartement bourgeois de Tel Aviv, des œuvres d’art sont accrochées au mur. On saisit directement l’univers intellectuel, cultivé de cette famille. Pourtant, les soldats continuent de s’adresser au père dans un langage froid et protocolaire. L’effroi qui s’ensuit est terrible : Michael doit à la fois accuser l’horreur de la perte, réfléchir aux procédures relatives à l’enterrement et penser à prévenir à ses proches. Il n’est pas au bout de ses surprises…

La deuxième partie du film rejoint son fils, Yonathan, sur la base militaire où il officie : nous sommes en plein milieu d’un désert à l’endroit d’un barrage routier entre la Palestine et l’Israël. Yonathan et ses acolytes sont chargés de vérifier l’identité de chaque personne traversant la frontière. L’ironie est que jamais personne ne passe, hormis quelques chameaux qui gravitent dans le coin. Samuel Maoz filme le quotidien avec une pointe de burlesque : quatre gamins de vingt ans perdus dans un no man’s land boueux et qui, pourtant, manipulent une poignée d’armes potentiellement meurtrières. L’un d’eux allant même jusqu’à entamer une folle chorégraphie avec son fusil comme partenaire de danse. Chaque voiture qui arrive les sort momentanément de leur torpeur, les transformant alors en d’odieux douaniers. Bien entendu, dans un contexte politique paranoïaque, l’horreur peut surgir d’une maladresse, et un checkpoint relativement abandonné se transformer en champ de bataille…

Le réalisateur nous transporte dans cette histoire au scénario tortueux dont nous préférons taire les rebondissements mais où se mêlent deux destinées, celles d’un père et de son fils, deux générations d’hommes traumatisées par le service militaire. Samuel Maoz nous parle du deuil, de l’absurdité de la guerre, de l’innocence perdue et des fantômes de l’Holocauste. Et, sous la métaphore du foxtrot, pas de danse répétitif, il évoque aussi les circonvolutions d’un pays qui s’enlise dans ses propres traumas.

ALICIA DEL PUPPO, LES GRIGNOUX